{"id":16495,"date":"2023-01-16T09:27:36","date_gmt":"2023-01-16T08:27:36","guid":{"rendered":"https:\/\/horizonshemato.com\/?p=16495"},"modified":"2024-01-02T10:38:49","modified_gmt":"2024-01-02T09:38:49","slug":"temps-forts-dans-la-llc-a-lash-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.hematostat.net\/en\/temps-forts-dans-la-llc-a-lash-2022\/","title":{"rendered":"Temps forts dans la LLC \u00e0 l&#8217;ASH 2022"},"content":{"rendered":"<p>Ce congr\u00e8s de l\u2019ASH a \u00e9t\u00e9 riche sur le plan clinique avec des th\u00e9matiques de sessions moins classiques que par le pass\u00e9. On ne retrouve plus la dichotomie \u00ab 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne\/ rechute \u00bb, \u00ab sujets <i>fit <\/i>\/ sujet<i> frail<\/i> \u00bb. En effet, le traitement de la leuc\u00e9mie lympho\u00efde chronique (LLC) a connu une r\u00e9volution avec l\u2019av\u00e8nement des th\u00e9rapies cibl\u00e9es au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie d\u2019une part mais aussi avec le vieillissement plus harmonieux de la population. Cela nous a conduit \u00e0 consid\u00e9rablement modifier nos pratiques et \u00e0 ne garder qu\u2019une place restreinte pour l\u2019immuno-chimioth\u00e9rapie (ICT). Les options continuent de s&#8217;\u00e9tendre avec les inhibiteurs de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration et les associations. On parle maintenant, comme dans le my\u00e9lome, de doublette, de triplette qui font donc l\u2019objet de sessions d\u00e9di\u00e9es. La vari\u00e9t\u00e9 des options disponibles peut \u00eatre d\u00e9routante et leur utilisation optimale sur l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9volution de la maladie d&#8217;un patient n&#8217;est pas toujours claire. De plus en plus de patients progressent apr\u00e8s avoir re\u00e7u des inhibiteurs de la BTK et du v\u00e9n\u00e9toclax, De nouvelles mol\u00e9cules actuellement en phase pr\u00e9coce de d\u00e9veloppement repr\u00e9sentent un espoir pour cette population de patients double voire triple r\u00e9fractaires (apr\u00e8s inhibiteurs de BTK covalents et non covalents). En outre, le syndrome de Richter, la transformation de la LLC en un lymphome agressif, reste un d\u00e9fi clinique majeur du fait des r\u00e9sultats tr\u00e8s m\u00e9diocres obtenus avec les traitements classiques.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<h3>Quelles strat\u00e9gies de traitement en 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne ?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/h3>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es maintenant, la maladie r\u00e9siduelle est au centre de toute les d\u00e9cisions dans les essais et chaque congr\u00e8s apporte son lot de mises \u00e0 jour des \u00e9tudes <i>chemofree <\/i>associant en premi\u00e8re ligne des th\u00e9rapies cibl\u00e9es pour une dur\u00e9e fixe en fonction de l\u2019\u00e9volution de la maladie r\u00e9siduelle (MRD) : avec la doublette ibrutinib + v\u00e9n\u00e9toclax (I+V) chez les sujets<i> fit <\/i>(\u00e9tude CAPTIVATE, John N. Allan et<i> al<\/i>, <b>abstract #92<\/b>), chez les sujets fragiles (\u00e9tude GLOW, Carsten U. Niemann et<i> al<\/i>, <b>abstract<\/b> <b>#93<\/b>), chez les patients \u00e0 haut risque (Nitin Jain et<i> al<\/i>, <b>abstract #95<\/b>) ; avec des triplettes iBTK + v\u00e9n\u00e9toclax + anticorps anti CD-20 (essai GAIA -CLL13-, Eugen Tausch et<i> al<\/i>, <b>abstract #345<\/b> et Moritz Furstenau et <i>al<\/i>, abstract 346, essai GIVe -CLL2-, Henriette Huber et<i> al<\/i>, <b>abstract #343<\/b>, essai AVO, Christine E. Ryan et<i> al<\/i>, <b>abstract #344<\/b>). Ces sch\u00e9mas de traitement sont de plus en plus matures avec le recul mais ne permettent pas toujours de tirer des conclusions d\u00e9finitives et il devient de plus en plus difficile de choisir une strat\u00e9gie pour nos patients alors que les essais et les options potentielles se multiplient. Lors d\u2019une session \u00e9ducationnelle, le Pr Jennifer Brown a fait une pr\u00e9sentation tr\u00e8s claire de l\u2019\u00e9tat actuel des possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques. En ce qui concerne les iBTK en continu, des \u00e9tudes randomis\u00e9es ont montr\u00e9 r\u00e9cemment l\u2019int\u00e9r\u00eat des 2<sup>\u00e8mes <\/sup>g\u00e9n\u00e9rations &#8211;<br \/>\nefficacit\u00e9 au moins \u00e9quivalente et meilleure tol\u00e9rance &#8211; par rapport \u00e0 l\u2019ibrutinib. Leur facilit\u00e9 d\u2019utilisation notamment au moment de l\u2019initiation du traitement qui peut se faire en ambulatoire, l\u2019important recul (avec ibrutinib seulement) et leur int\u00e9r\u00eat en pr\u00e9sence d\u2019une alt\u00e9ration de <i>TP53 <\/i>sont des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 prendre en compte dans la d\u00e9cision. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019association Ga101 + v\u00e9n\u00e9toclax permet d\u2019obtenir les taux \u00e9lev\u00e9s de r\u00e9ponse compl\u00e8te et de maladie r\u00e9siduelle ind\u00e9tectable notamment chez les patients IGHV mut\u00e9s et a l\u2019avantage d\u2019\u00eatre limit\u00e9e dans le temps avec donc moins d\u2019effets secondaires, moins de pression de s\u00e9lection clonale et un moindre co\u00fbt. Les r\u00e9sultats des essais CLL14<sup>(1)<\/sup>, CAPTIVATE<sup>(2, 3)<\/sup><br \/>\net GLOW<sup>(4, 5) <\/sup>ont conduits \u00e0 l\u2019obtention d\u2019AMM en 2022 (le remboursement est en cours de discussion avec les autorit\u00e9s de sant\u00e9). Demain, en pratique courante, on aura le choix entre 2 strat\u00e9gies <i>chemofree<\/i> de dur\u00e9e fixe en 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne : GA101 + v\u00e9n\u00e9toclax (6 mois en association puis 6 mois de v\u00e9n\u00e9toclax seul puis arr\u00eat) ou I+V aux patients pas trop fragiles (l\u2019essai GLOW a montr\u00e9 une toxicit\u00e9 non n\u00e9gligeable dans une population frail et nous n\u2019avons pas de donn\u00e9es en vie r\u00e9elle). <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Les caract\u00e9ristiques du malade (ses ant\u00e9c\u00e9dents\/comorbidit\u00e9s notamment cardiaques ou r\u00e9nales, ses traitements en cours) et celle de la maladie (statut IGHV, alt\u00e9ration de <i>TP53<\/i>) guident d\u00e9j\u00e0 le choix mais plusieurs essais rapportent cette ann\u00e9e des analyses de sous-groupes bas\u00e9es sur des marqueurs mol\u00e9culaires qui permettront peut-\u00eatre d\u2019affiner la prise en charge. Il y a en effet 2 pr\u00e9sentations orales de l\u2019essai de phase 3 GAIA\/CLL13, l\u2019une \u00e9valuant l\u2019impact d\u2019anomalies g\u00e9nomiques (<b>abstract #345<\/b>), l\u2019autre l\u2019impact d\u2019un caryotype complexe (<b>abstract #346<\/b>) sur l\u2019obtention d\u2019une MRD ind\u00e9tectable et sur la survie sans progression (SSP). L\u2019\u00e9tude a inclus 926 patients<i> fit<\/i> sans alt\u00e9ration de <i>TP53 <\/i>randomis\u00e9s dans 4 bras :1 bras \u00e0 base d\u2019ICT (FCR -Fludarabine, cyclophosphamide, rituximab- ou BR -Bendamustine, rituximab- selon l\u2019\u00e2ge, seuil \u00e0 65 ans), et 3 bras chemofree de dur\u00e9e fixe \u00e0 base de v\u00e9n\u00e9toclax (Ven) associ\u00e9 au rituximab (RVen), \u00e0 l\u2019obinutuzumab (GVen) ou \u00e0 obinutuzumab et ibrutinib (GIVe). En analyse multivari\u00e9e, un statut IGHV non mut\u00e9 (55,9% des patients) et NOTCH1 mut\u00e9 (20,5%) restaient des facteurs ind\u00e9pendants de mauvais pronostic quel que soit le bras de traitement ; les mutations de la voie RAF\/RAS (9,6%) \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 une SSP plus courte dans le bras chemofree mais pas dans le bras ICT (<b>figure 1<\/b>).<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_16496\" style=\"width: 970px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-16496\" class=\"lazyload wp-image-16496 size-full\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns%3D%27http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg%27%20width%3D%27960%27%20height%3D%271264%27%20viewBox%3D%270%200%20960%201264%27%3E%3Crect%20width%3D%27960%27%20height%3D%271264%27%20fill-opacity%3D%220%22%2F%3E%3C%2Fsvg%3E\" data-orig-src=\"https:\/\/horizonshemato.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-16-a-10.22.40.png\" alt=\"\" width=\"960\" height=\"1264\" \/><p id=\"caption-attachment-16496\" class=\"wp-caption-text\">Figure 1\u00a0: survie sans progression selon les bras de traitement et la pr\u00e9sence d\u2019une mutation de NOCTH1 (A) ou de la voie BRAF\/NRAS\/KRAS (B).<\/p><\/div>\n<p>\u00c0 l\u2019inclusion, 895 caryotypes ont pu \u00eatre analys\u00e9s et \u00e9taient r\u00e9partis comme suit : absence de caryotype complexe (&lt;3 anomalies) pour 79,4%, 81%, 83,5% et 87,9% ; caryotype interm\u00e9diaire (3 \u00e0 4 anomalies) pour 13,5%, 14,7%, 11,5% et 9,4% ; caryotype tr\u00e8s complexe (\u2265 5 anomalies) pour 7,2%, 4,3%, 5,0% et 2,7% des patients trait\u00e9s par ICT, RVe, GVe et GIVe respectivement. Un caryotype complexe est un facteur de mauvais pronostic ind\u00e9pendant en termes de SSP sous ICT alors que seul un caryotype tr\u00e8s complexe et les translocations \u00e9taient identifi\u00e9s dans les bras \u00e0 base de Ven (<b>figure 2<\/b>). Parmi les 88 caryotypes analys\u00e9s \u00e0 la rechute, il a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence une augmentation du nombre d\u2019alt\u00e9rations g\u00e9n\u00e9tiques apr\u00e8s ICT (2,0 \u00e0 3,4 en moyenne) par rapport aux bras<i> chemofree<\/i> (2,1 \u00e0 2,0).<\/p>\n<div id=\"attachment_16497\" style=\"width: 968px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-16497\" class=\"lazyload wp-image-16497 size-full\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns%3D%27http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg%27%20width%3D%27958%27%20height%3D%271278%27%20viewBox%3D%270%200%20958%201278%27%3E%3Crect%20width%3D%27958%27%20height%3D%271278%27%20fill-opacity%3D%220%22%2F%3E%3C%2Fsvg%3E\" data-orig-src=\"https:\/\/horizonshemato.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-16-a-10.23.50.png\" alt=\"\" width=\"958\" height=\"1278\" \/><p id=\"caption-attachment-16497\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2\u00a0: survie sans progression selon les bras de traitement et la pr\u00e9sence d\u2019un caryotype complexe (A) ou de translocations (B).<\/p><\/div>\n<h3>Le syndrome Richter reste encore un d\u00e9fi th\u00e9rapeutique\u2026<\/h3>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une complication grave de la LLC (survie globale -SG- m\u00e9diane entre 3 \u00e0 11 mois) dont la fr\u00e9quence varie selon les cohortes autour de 10%. Le d\u00e9veloppement de mod\u00e8les pr\u00e9cliniques a permis une meilleure compr\u00e9hension de la biologie et par cons\u00e9quent le d\u00e9veloppement de nouvelles strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques. Condoluci<i> <\/i>et <i>al<\/i> <sup>(6)<\/sup>, ont r\u00e9sum\u00e9 d\u00e9but 2022 l\u2019\u00e9tat actuel des connaissances dans ce domaine : il y a non seulement des mutations r\u00e9currentes des g\u00e8nes affectant la r\u00e9paration de l\u2019ADN, le BCR, le cycle cellulaire, la condensation de la chromatine au sein de la cellule tumorale (<b>figure 3<\/b>) ; mais \u00e9galement un r\u00f4le important du microenvironnement via les <i>checkpoints <\/i>inhibiteurs qui sont impliqu\u00e9s dans le processus de transformation. La communication entre les cellules tumorales, les cellules dendritiques, les macrophages associ\u00e9s aux tumeurs et les cellules T est \u00e9tablie par contact direct, r\u00e9cepteur chimiokine\/cytokine, mol\u00e9cules d\u2019adh\u00e9sion et interactions ligant-r\u00e9cepteur. Les mol\u00e9cules immuno-inhibitrices (PD-L1 entre autres) aident les cellules tumorales \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la r\u00e9ponse immunitaire et \u00e0 maintenir la tol\u00e9rance. Les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s par Camilla K. Lemvigh et <i>al<\/i> dans l\u2019<b>abstract #748<\/b> vont dans ce sens : l\u2019\u00e9quipe de recherche a montr\u00e9 que le facteur de transcription<i> ZNF683<\/i> r\u00e9gule des voies cellulaires cl\u00e9s impliqu\u00e9es dans la r\u00e9ponse immunitaire anti-tumorale via les lymphocytes T CD8.<\/p>\n<div id=\"attachment_16498\" style=\"width: 756px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-16498\" class=\"lazyload wp-image-16498 size-full\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns%3D%27http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg%27%20width%3D%27746%27%20height%3D%27658%27%20viewBox%3D%270%200%20746%20658%27%3E%3Crect%20width%3D%27746%27%20height%3D%27658%27%20fill-opacity%3D%220%22%2F%3E%3C%2Fsvg%3E\" data-orig-src=\"https:\/\/horizonshemato.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-16-a-10.24.45.png\" alt=\"\" width=\"746\" height=\"658\" \/><p id=\"caption-attachment-16498\" class=\"wp-caption-text\">Figure 3\u00a0: principales voies impliqu\u00e9es dans le d\u00e9veloppement d\u2019un Richter.<\/p><\/div>\n<p>Sur le plan clinique, deux \u00e9tudes ont fait l\u2019objet d\u2019une pr\u00e9sentation orale. La premi\u00e8re (William Wierda et <i>al<\/i>, <b>abstract #347<\/b>) rapporte les r\u00e9sultats obtenus avec le pirtobrutinib, un inhibiteur tr\u00e8s s\u00e9lectif, non covalent de BTK, en monoth\u00e9rapie \u00e0 200 mg\/j, chez 82 patients ayant re\u00e7u en moyenne 2 lignes de traitements ant\u00e9rieurs pour le Richter (range 0 \u00e0 8). Le taux de r\u00e9ponse globale (TRG) \u00e9tait de 52% (IC95%, 40,2-53,7) dont 10 r\u00e9ponses compl\u00e8tes (RC) et 29 r\u00e9ponses partielles (RP) sur les 75 patients \u00e9valuables. Avec un suivi m\u00e9dian de 9,7 mois, la SG m\u00e9diane de r\u00e9ponse \u00e9tait de 13,1 mois (IC95%, 7,1-NA). Six patients ont arr\u00eat\u00e9 le pirtobrutinib pour \u00eatre allogreff\u00e9s et 2% pour des effets ind\u00e9sirables (EI). Les EI les plus fr\u00e9quents \u00e9taient la fatigue (26%), la diarrh\u00e9e (22%) et des contusions (19%). Parmi les EI de grade \u2265 3, on retrouve neutrop\u00e9nie (20%), hypertension (3%), h\u00e9morragie (2%) et AC\/FA (1%). La deuxi\u00e8me \u00e9tude (Arnon P. Kater et<i> al<\/i>, <b>abstract #348<\/b>) \u00e9value l\u2019efficacit\u00e9 et la tol\u00e9rance de l\u2019epcoritumab, un anticorps bisp\u00e9cifique CD3xCD20 qui a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 des r\u00e9sultats prometteurs dans le lymphome B de haut grade<sup>(7)<\/sup>. Nous d\u00e9taillerons cet essai dans un article d\u00e9di\u00e9. Ces r\u00e9sultats ouvrent des perspectives pour le d\u00e9veloppement de combinaison.<\/p>\n<h3>Des perspectives pour les patients doubles r\u00e9fractaires<\/h3>\n<p>Les iBTK covalent (iBTKc) de 1<sup>\u00e8re<\/sup> et 2<sup>\u00e8me <\/sup>g\u00e9n\u00e9ration ainsi que le v\u00e9n\u00e9toclax ont consid\u00e9rablement modifi\u00e9 la prise en charge de la LLC en am\u00e9liorant la survie et le taux de r\u00e9mission durable. Toutefois, une partie des patients \u00e9chappe \u00e0 ces th\u00e9rapeutiques et progresse. Une des causes de progression est l\u2019acquisition d\u2019une mutation au niveau du r\u00e9sidu C481 de la Bruton tyrosine kinase impliqu\u00e9 dans la liaison au m\u00e9dicament et \u00e0 l\u2019origine d\u2019une r\u00e9sistance \u00e0 la drogue. Les donn\u00e9es d\u2019efficacit\u00e9 des traitements ult\u00e9rieurs administr\u00e9s \u00e0 cette population \u00ab double-expos\u00e9s \u00bb<br \/>\n(iBTKc + iBCl2) sont limit\u00e9es. Les options th\u00e9rapeutiques envisageables au d\u00e9cours sont limit\u00e9es : la reprise d\u2019un iBTK de 2<sup>\u00e8me<\/sup> g\u00e9n\u00e9ration (comme le zanubrutinib ou l\u2019acalabrutinib) est une perspective int\u00e9ressante dans un contexte d\u2019intol\u00e9rance \u00e0 l\u2019ibrutinib mais pas en cas de progression, le v\u00e9n\u00e9toclax, inhibiteur de BCl2 (iBCl2) a une bonne efficace mais avec des contraintes d\u2019administration initiale et n\u2019est pas appropri\u00e9 chez tous les patients, les inhibiteurs de PI3K ont un b\u00e9n\u00e9fice limit\u00e9 post ibrutinib et des toxicit\u00e9s importantes qui limitent leurs utilisation, quant aux immunochimioth\u00e9rapies elles n\u2019ont plus leur place en rechute. Farrukh T. Awan et<i> al<\/i>, (<b>abstract #3123<\/b>) pr\u00e9sente une \u00e9tude r\u00e9trospective en vie r\u00e9elle dans laquelle la cohorte 2 est compos\u00e9e de 57 patients ayant re\u00e7us \u00e0 la fois un iBTK et un iBCL2. Les traitements ult\u00e9rieurs re\u00e7us \u00e9taient iBCL2 + anticorps anti-CD20 (19,3%), iPI3K en monoth\u00e9rapie (17,5%), ICT (14%) et iBCL2 en monoth\u00e9rapie (12,3%). La SG m\u00e9diane \u00e9tait de 16,6 mois (range 11,0-27,5) et la SG estim\u00e9e \u00e0 12 mois de 57,5%.<\/p>\n<p>Les iBTK non convalents (iBTKnc) et les traitements par CAR T cell ont montr\u00e9 une activit\u00e9 clinique chez ces patients<br \/>\n\u00ab double-expos\u00e9s \u00bb dans les essais cliniques. \u00c0 l\u2019ASH 2021 notamment, le pirtobrutinib, iBTKnc oral de 3<sup>\u00e8me<\/sup> g\u00e9n\u00e9ration tr\u00e8s s\u00e9lectif qui se fixe de mani\u00e8re r\u00e9versible \u00e0 sa cible et ind\u00e9pendamment de la pr\u00e9sence ou non d\u2019une mutation C481, avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme une option prometteuse et s\u2019est depuis beaucoup d\u00e9velopp\u00e9 dans des essais th\u00e9rapeutiques \u00e0 diff\u00e9rents stades de prise en charge de la LLC, en monoth\u00e9rapie ou en association<sup>(8)<\/sup>. Cette ann\u00e9e, des m\u00e9canismes de r\u00e9sistance \u00e0 cette nouvelle classe de m\u00e9dicament sont d\u00e9crits dans diff\u00e9rentes cohortes. Meghan C. Thompson et<i> al<\/i>, (<b>abstract<\/b> <b>#4438<\/b>) ont identifi\u00e9s 63 patients (48 LLC, 15 Richter) ayant arr\u00eat\u00e9 un iBTKnc. La SSP m\u00e9diane avec la ligne de traitement suivante \u00e9tait de 14 mois pour les patients LLC et 6 mois pour les patients Richter (suivi m\u00e9dian court de 4 mois). Chez 11\/15 patients LLC qui avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9s d\u2019un NGS en fin de traitement par iBTKnc, a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence une nouvelle mutation du BTK et \/ou la persistance de la mutation <i>BTK C481<\/i> ou PLCG2.<\/p>\n<p>L\u2019ASH 2022 est riche en nouvelles options th\u00e9rapeutiques et m\u00eame si les r\u00e9sultats sont encore pr\u00e9liminaires (petites cohortes de patients, peu de recul), cela repr\u00e9sente un bel espoir pour les patients. On note l\u2019arriv\u00e9e de nouveaux iBCL2 (le v\u00e9n\u00e9toclax n\u2019aura bient\u00f4t plus le monopole), le d\u00e9veloppement d\u2019autres iBTKnc et des mol\u00e9cules ciblant toujours le BCR mais avec des m\u00e9canismes d\u2019actions diff\u00e9rents (<b>tableau 1<\/b>).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"lazyload alignnone wp-image-16499 size-full\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns%3D%27http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg%27%20width%3D%271378%27%20height%3D%271420%27%20viewBox%3D%270%200%201378%201420%27%3E%3Crect%20width%3D%271378%27%20height%3D%271420%27%20fill-opacity%3D%220%22%2F%3E%3C%2Fsvg%3E\" data-orig-src=\"https:\/\/horizonshemato.com\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Capture-decran-2023-01-16-a-10.27.03.png\" alt=\"\" width=\"1378\" height=\"1420\" \/><\/p>\n<p><b><br \/>\nDr C\u00e9cile TOMOWIAK, Poitiers.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h3>\n<ol>\n<li><b>Al-Sawaf O<\/b><b>. et al,<\/b><i> J Clin Oncol<\/i><i>. 2021 Dec 20;39(36):4049-4060.<\/i><\/li>\n<li><b>Wierda WG<\/b><b>. et al<\/b><i>, J Clin Oncol<\/i><i>. 2021 Dec 1;39(34):3853-3865.<\/i><\/li>\n<li><b>Tam CS<\/b><b>. et al, <\/b><i>Blood<\/i><i>. 2022 Jun 2;139(22):3278-3289.<\/i><\/li>\n<li><b>Jain N. et al, <\/b><i>N Engl J Med<\/i><i>. 2019 May 30;380(22):2095-2103.<\/i><\/li>\n<li><b>Jain N<\/b><b>. et al, <\/b><i>JAMA Oncol<\/i><i>. 2021 Aug 1;7(8):1213-1219.<\/i><\/li>\n<li><b>Condoluci A<\/b><b>. et al, <\/b><i>Front Oncol<\/i><i>. 2022 Mar;12:829983.<\/i><\/li>\n<li><b>Thieblemont C<\/b><b>. et al,<\/b><i> EHA 2022, abstract LB2364, Hemasphere<\/i><i>. 2022 Jun; 6(Suppl):1-4130.<\/i><\/li>\n<li><b>Mato AR. et al,<\/b><i> Lancet<\/i><i>. 2021 Mar 6;397(10277):892-901.<\/i><\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce congr\u00e8s de l\u2019ASH a \u00e9t\u00e9 riche sur le plan clinique avec des th\u00e9matiques de sessions moins classiques que par le pass\u00e9. 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